La qualité des données est très importante dans la mise en place de Solvabilité II, il est nécessaire d’en faire une priorité et de débuter sa préparation.
La qualité des données est au cœur de la mise en place réussie de la réglementation Solvabilité II. Dans ses propositions d’application de Niveau 2, le CEIOPS s’est prononcé en faveur d’une interprétation exhaustive des normes relatives à la qualité des données.
D’après la directive, il y a trois critères à prendre en compte pour évaluer la qualité des données :
Exactitude – les données sont fiables
Exhaustivité – les données sont exhaustives
Pertinence –les données sont adaptées.
Il incombera au management de démontrer que les données utilisées respectent les normes. Il leur faudra donc définir ce qu’est la « qualité », comment elle est mesurée et quels processus sont en place pour s’en assurer.
L’autre élément clé de Solvabilité II est un répertoire des données indiquant leur source et leur usage.
Beaucoup d’entreprises ont des procédures de contrôle de la qualité des données. Cependant, la formalisation du classement des sources et des responsabilités hiérarchiques pour leur production n’est pas toujours en place. De plus, chaque utilisateur a une perception différente de ce que signifie la qualité des données et du niveau de qualité requis.
De nombreuses entreprises cherchent à améliorer la cohérence des données de gestion en mettant en place des bases de données centrales. Bien que les processus soient généralement en place pour les données internes, souvent ils sont manquants pour les données externes. Or le CEIOPS insiste sur le fait que le traitement de ces deux types de données doit être homogène.
Le retour d’expérience de Bâle II illustre d’autres lacunes potentielles. Souvent, la préparation des données avait été repoussée au dernier moment. Par conséquent, de nombreuses institutions se sont retrouvées dans une course contre la montre pour mettre en place et documenter les contrôles nécessaires selon les normes. Ces difficultés ont été accentuées par la prolifération de fichiers Excel et d’ajustements manuels à l’approche du délai d’application de Bâle II.
Nous avons mené une enquête informelle durant l’automne 2009 auprès de plus de 40 professionnels de l’assurance pour évaluer quels défis ils identifiaient pour le respect des nouvelles règles sur la qualité des données. Le défi principal mis en avant a été le recensement des données dans un répertoire unique, et non la gestion des données externes. De plus, la gestion et l’amélioration de la qualité des données ont été jugées de manière assez surprenante comme modérément difficiles.
Alors que la plupart des entreprises ont eu tendance jusque là à se focaliser uniquement sur les données nécessaires au respect des règles de capitalisation, nous serions plutôt en faveur d’une approche plus large et plus stratégique de Solvabilité II visant à utiliser les informations requises par la norme pour la gestion de l’activité. Ainsi, les entreprises pourraient décider si leur but est un simple respect des obligations de Solvabilité II ou bien un changement stratégique plus ambitieux et une nouvelle approche des investissements et de la gouvernance. Le directoire des données peut être un outil puissant pour mener ce projet.
A l’approche de 2012, il est temps de faire figurer la qualité des données en tête de la liste des priorités. Cela suppose de passer en revue les besoins de données au niveau de l’activité et de voir comment y répondre en temps voulu. En effet, penser que la qualité des données est avant tout un défi technologique qui peut être résolu par l’investissement dans des bases de données centrales et d’autres solutions purement systèmes pourrait aboutir à ne pas fournir aux équipes de travail les données dont elles ont besoin. Enfin, une réponse purement tactique aux nouvelles obligations pourrait s’avérer moins adaptable et sur le long terme plus coûteuse qu’une solution stratégique complète.