En vue de faire approuver leur modèle interne (Solvabilité II), quelles mesures pratiques peuvent mettre en place les entreprises pour préparer des arguments convaincants?
« Tous les modèles sont faux, mais certains sont utiles Attribué à un des pionners des modèles statistiques, le professeur George E.P. Box.
En particulier, plutôt que de fournir des pages de détails techniques, les entreprises devront démontrer que le modèle est compris, jugé comme fiable et utilisé dans la gestion courante.
Le calendrier de Processus d’Approbation du Modèle Interne (IMAP) élaboré par la FSA montre les étapes clés préparatoires. Pour une approbation du modèle visant une application de Solvabilité II en 2012, le calendrier est composé de trois phases principales :
Il apparait de plus en plus probable qu’un modèle partiel sera soumis pour l’approbation au vu du temps qu’il faudrait aux entreprises pour élaborer un modèle complet. La première étape clé est donc d’identifier quels risques et quelles lignes de produits il n’est pas nécessaire d’inclure dans le modèle et sur lesquels se focaliser en priorité. Il faut également s’assurer que ces zones prioritaires ne sont pas isolées du reste de l’activité car les entreprises candidates devront démontrer que le modèle partiel est cohérent avec l’ensemble de l’activité. Il faut enfin garder à l’esprit que le processus IMAP va mobiliser fortement les ressources de la FSA et donc que les entreprises retardataires pourraient se trouver derrière une file d’autres dossiers en attente d’approbation.
Sur la base de l’expérience acquise lors du passage au modèle d’Adéquation du Capital Interne (ICA) au Royaume-Uni, il est très important de commencer en amont à interagir avec les superviseurs de la FSA pour comprendre leurs attentes. Il est également important d’impliquer en amont le comité de direction. En effet, un test clé de succès est de voir si le comité de direction comprend les hypothèses et limites du modèle interne. Enfin, on peut s’attendre à une chasse aux talents en lien avec les besoins accrus en actuaires, gestionnaires de risque et auditeurs internes, qu’il faut prendre en compte dans s politique de recrutement.
Solvabilité II requiert de démontrer que le modèle est effectivement utilisé, au travers notamment de l’Evaluation Interne du Risque et de la Solvabilité (ORSA). Cette évaluation vise à tester comment le management s’est approprié le modèle.
Nos travaux auprès de nos clients révèlent que beaucoup ont du mal à convertir cette analyse théorique en actions concrètes. Un bon point de départ pour cela est de se mettre à la place des superviseurs de la FSA et se demander quels éléments ils pourraient juger utiles. Les points clés qu’ils examineront est l’implication du management dans la validation du modèle et si les outils utilisés sont appropriés et utilisés effectivement.
Le Processus d’Approbation du Modèle Interne sera un défi à la fois pour les entreprises candidates et pour les autorités de régulation, d’autant que de nombreux détail pour la préparation, l’envoi de la candidature et l’approbation n’ont pas encore été finalisés. Cependant, il est possible de préparer les hypothèses de travail et de préparer le processus. Les candidats devront montrer que leur modèle a les fondements statistiques suffisants, la bonne compréhension des équipes, la gouvernance et le contrôle internes suffisants pour permettre effectivement d’influencer les prises de décisions. Pour cela il est nécessaire d’impliquer en amont les équipes et d’échanger avec les autorités de régulation pour bien comprendre leurs attentes.