Communiqué de presse 2007

Paris, le 16 octobre 2007

Baisse de la fraude en France. La moitié des coûts de la fraude dans le monde provient de pays émergents

PwC publie la quatrième édition de l’étude mondiale sur la fraude dans les entreprises. Cette enquête révèle une baisse du nombre de fraudes sur les deux dernières années. Plus sensible en France que dans le reste du monde, cette diminution n’endigue pas le risque de criminalité économique, qui touche toujours près d’une entreprise sur deux. C’est le détournement d’actifs qui concentre un tiers de l’ensemble des fraudes observées en France.
Dans tous les cas, le salarié lui-même est le premier moyen de détection de la fraude. Cette tendance, en nette hausse, illustre les méthodes de prévention déployées par les entreprises, qui ne se limitent pas aux contrôles mais aussi à une culture interne favorable à la vigilance. La moitié du du coût de la fraude (43%) dans le monde (3,1 milliards d’euros) se concentre dans ces 7 pays émergents : Brésil, Chine, Inde, Indonésie, Mexique, Russie, Turquie. Pour la première fois, l’étude de PwC s’est penchée sur le phénomène de la fraude sur ces marchés.

La fraude : en baisse sensible, le risque reste un enjeu majeur pour les entreprises

Les 150 entreprises françaises interrogées ont été moins touchées par la fraude ces deux dernières années que lors de l’étude précédente. 40% ont été victimes d’actes de criminalité économique au cours des deux dernières années, tandis qu’elles étaient 47% en 2005, et 43% en 2003. Le détournement d’actifs reste le type de fraude le plus fréquent en France, pesant pour 1/3 des occurrences reportées. Si la contrefaçon demeure un fléau important, la France ne se démarque plus du reste du monde en la matière : le phénomène peut affecter tout type de produit, au-delà du luxe. Aucun secteur industriel n’est épargné et le trio Distribution & Consommation, Assurance et Service Public occupe le podium des entreprises les plus touchées, avec 57% de sociétés affectées.

Conséquence logique de la baisse observée, le coût moyen de la fraude en France diminue sensiblement. Il reste cependant important (2,7 millions d’euros contre 3,9 millions d’euros en 2005), et largement supérieur aux moyennes européenne (1,7 millions de d’euros) et mondiale (1,6 millions d’euros). La somme représente aujourd’hui une perte sèche pour 62% d’entre elles. Par ailleurs, ce coût s’accompagne pour 41% des entreprises interrogées en France d’autres dommages, en termes d’image, de relations avec les partenaires et les autorités ainsi que de motivation interne.

De la détection à la sanction : vers une meilleure prise en charge de la fraude par l’entreprise

La baisse du nombre de fraudes constatées résulte en partie de la prise de conscience des entreprises qui ont mis en place, par divers moyens, un environnement plus contrôlé, donc moins propice à la fraude. Efficace car décourageant pour un fraudeur potentiel, ce climat favorise également la vigilance en interne. Ainsi, 37% des fraudes sont détectées par un salarié de l’entreprise, contre seulement 16% en 2005.
« Nous pouvons parler, dans certains cas et en France tout particulièrement, d’une véritable sensibilisation de toute l’entreprise. Au-delà des dispositifs de contrôle, la culture interne de l’entreprise est un élément déterminant. En initiant une communication basée sur la transparence, l’entreprise encourage ses salariés à la vigilance et la loyauté », déclare Dominique Perrier, associée, responsable du département Litiges et Investigations.
Le développement du whistleblowing va dans ce sens. Accompagné par une communication interne claire, ce système de hotline gagne en efficacité et permet de détecter 8% des fraudes en France.

Dominique Perrier poursuit : « Toutefois, il existe encore une marge de progression non négligeable des dispositifs de contrôle. Ceux-ci doivent en effet être en permanence revus et adaptés aux risques. L’amélioration de l’efficacité des actions de prévention passe non seulement par ces procédures de contrôle mais aussi par une communication interne pour mobiliser et sensibiliser l’ensemble de l’entreprise »

Dernier élément majeur dans une prise en charge responsable de la fraude : l’adoption d’une politique de tolérance zéro envers les responsables. Si le profil du fraudeur change peu, les sanctions prises à son encontre ne sont pas généralisées. Dans 65% des cas en France, l’entreprise a recours au pénal, tandis qu’elle n’engage aucune action dans 23% des cas.

Pays émergents et fraude : un risque fort, et vraisemblablement sous-estimé

Pour la première fois, l’étude propose un volet spécifique sur la fraude dans les pays émergents. Les
7 pays choisis sont les suivants : Brésil, Chine, Inde, Indonésie, Mexique, Russie et Turquie.
Première observation marquante : le poids de ce groupe de pays parmi l’ensemble des zones observées par l’étude. En effet, sur les 4,4 milliards de dollars de pertes dues à la fraude dans le monde, 43% de ce coût est concentré sur les 7 pays émergents en question.
Ce chiffre très significatif s’accompagne de la prédominance d’un type de fraude particulier : la corruption. Elle arrive en tête dans cette zone ; en comparaison, ces cas ne concernent que 3% des fraudes observées en France. La prédominance de ce risque (34% des entreprises de ces pays estiment avoir perdu un marché pour cette raison) ne représente pourtant pas un frein d’investissement majeur pour les entreprises étrangères. Cette opinion est partagée par 45% des entreprises internationales, 36% des entreprises françaises.

« Les opportunités qu’offrent les pays émergents l’emporteraient donc sur le risque de fraude. Et pourtant, les résultats de l’étude sont sans doute en dessous de la réalité, dans la mesure où les lacunes de contrôle limitent la détection des fraudes et donc, conduisent à leur sous-estimation. Face à cette situation, la vigilance est de mise pour les entreprises qui souhaitent investir. En effet, outre les mesures nécessaires au respect des lois anti-corruption. Nous recommandons une la mise en place de solutions spécifiques de gestion des risques, par exemple des due diligences approfondies sur les partenaires », conclut Dominique Perrier.

L’étude montre par ailleurs qu’un tel dispositif ne pénalise pas les entreprises : les opportunités de marché se sont révélées infructueuses pour 18% des entreprises ayant mis en œuvre un plan anti-corruption, contre 25% pour celles qui n’ont pas effectué la démarche.

Méthodologie de l’étude

Cette étude a été conduite dans 40 pays par TNS-EMNID en collaboration avec le « Economy and Crime Research Center - Martin Luther University Halle Wittenberg ».
5 428 entretiens ont été menés entre avril et juillet 2007 auprès des dirigeants d’entreprise (directeur général ou financier) ou responsables de la détection ou prévention des fraudes dont 150 sociétés en France.

L’étude mondiale (en anglais) et l’étude française sont disponibles sur demande et sur le site www.pwc.fr.

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PwC travaille en France avec Landwell, cabinet d’avocats correspondant.