Communiqué de presse 2007

Paris, le 12 avril 2007

Au-delà des spécificités nationales, toute implantation d’un site de production automobile à l’Est doit s’envisager à partir d’une analyse des spécificités locales du pays choisi.

Il ne suffit pas de choisir le bon pays, il faut également opter pour le site approprié, comme le préconise le deuxième volet d'une série d’articles de PwC intitulée « Eastern Influx : Automotive Manufacturing in Central and Eastern Europe » sur l’établissement de sites de production en Europe centrale et orientale dans les Etats membres de l'Union européenne. Ce deuxième volet étudie la méthode de sélection du lieu adéquat et conclut que c'est  en se concentrant, non seulement sur les questions nationales, mais également sur les questions locales et en comparant des villes précises de manière exhaustive, qu'une entreprise peut déterminer dans quelle mesure un site répondra à ses exigences particulières.

Les différentes spécificités nationales, tels que le droit du travail et les régimes fiscaux, sont relativement faciles à identifier. Cependant, il est beaucoup moins évident de comparer les spécificités locales, telles que la disponibilité de main-d’œuvre qualifiée, les réglementations en matière d’urbanisme et la qualité des services publics, et pourtant tout peut se jouer à ce niveau. Etant donné qu'au cours des cinq prochaines années, environ 6 milliards USD de la production automobile  migrera en Europe centrale et orientale, de très nombreuses sociétés du secteur vont être confrontées à ce problème.

L’un des principaux défis liés à la migration vers l’Europe centrale et orientale réside dans le fait que la compréhension de la région est encore relativement limitée. Ce que l’on tient généralement pour vrai peut être inexact ou exagéré. Le climat politique, économique et commercial est en réalité beaucoup plus attractif qu’il ne l’est dans d’autres régions du monde.

Selon Guy-Alain Sitbon, responsable du département automobile en France, au sein de PwC : « Cela prend du temps de choisir le site approprié mais il est absolument essentiel d'avoir une connaissance du tissu local. Ce n’est qu’une fois le lieu adéquat identifié qu'une entreprise peut commencer à gérer la transition d'une usine à une autre. »
 
La qualité de la main d’œuvre en Europe centrale et orientale est généralement très élevée et les salaires ne représentent actuellement qu’une fraction de ceux versés en Europe occidentale. Dans l'Europe des Quinze, les coûts de main d’œuvre mensuels moyens s'élèvent à  environ 3000€. En Bulgarie, ces coûts atteignent seulement 6 % et en Roumanie 11 % de ce montant. Même en Slovénie où les salaires sont les plus élevés de la région, les coûts de main d'œuvre mensuels moyens ne s'établissent encore qu’à 43 % du niveau moyen de l'Europe des Quinze. Toutefois, la demande de main d’œuvre qualifiée s’est déjà traduite par des écarts de niveaux de salaire importants au sein d'un même pays. A l’heure actuelle, le salaire brut mensuel moyen en Slovaquie est plus élevé de 25 % à Brastilava par rapport à l'est du pays. Les écarts sont encore plus marqués en République Tchèque : les salaires à Prague sont plus élevés de 43 % par rapport à ceux du sud et de l'est du pays.

Il est également important d’examiner des aspects tels que l'infrastructure. La plupart des Etats qui ont rejoint l'Union européenne en 2004 disposent de réseaux de télécommunications et informatiques de bonne qualité dans toutes les régions sauf les plus reculées. Les trois quarts des entreprises en Slovénie possèdent un accès à l’ADSL et cet accès s'est accru de 17 % en République Tchèque, de 14 % en Hongrie et de 13 % en Slovaquie au cours des 12 mois ayant précédé novembre 2006. L’Estonie a été le premier pays au monde à mettre en place le vote par internet dans le cadre d'élections politiques et ces quatre Etats se sont bien positionnés parmi les pays à la pointe des technologies internet.

Néanmoins, la qualité de l'infrastructure physique des régions varie. La République Tchèque et l’ouest de la Slovaquie ont des réseaux autoroutiers d'une qualité satisfaisante mais les routes en Hongrie, en Pologne et dans les Pays Baltes correspondent essentiellement à des routes nationales. Les encombrements constituent également un problème majeur dans certaines régions. Le parc ferroviaire a plus de 20 ans dans certaines régions et bien que la plupart des capitales dispose de bonnes liaisons aériennes avec les principaux aéroports de l’Europe occidentale, de nombreuses villes de province de taille moins importante ne disposent pas d’aéroport international.

L’état des réseaux routiers et ferroviaires influe directement sur les délais et les coûts d’expédition de marchandises, ce qui a des répercussions sur les niveaux de stocks et les besoins en fonds de roulement. D'autres questions liées à la chaîne d’approvisionnement doivent aussi être examinées :. il est crucial de contrôler la qualité des fournisseurs locaux mais de nombreuses sociétés recherchent seulement les prix les plus bas et ne procèdent qu’à des vérifications rapides. Pourtant, il faut avoir une vision globale et mener une inspection complète des installations, ainsi qu’une revue de la situation financière de tous les fournisseurs potentiels.

Toute entreprise s'implantant dans un Etat membre de l’Europe centrale et orientale doit par conséquent trouver un équilibre. S'il s'agit de s'implanter dans une grande ville ou dans un centre d'excellence, l'infrastructure sera solide mais l’immobilier, la main d'œuvre et les installations seront beaucoup plus coûteux. S’il s’agit de s’implanter dans une ville moins importante, les coûts devraient être moins élevés et la concurrence en termes de main d'œuvre devrait être moins vive, mais l'infrastructure sera plus faible et les défis logistiques seront donc plus importants. En outre, il est également important de tenir compte de l'activité des concurrents et autres entreprises du secteur dans la région choisie.

Selon Rafal Krasnodebski, associé responsable pour l’Europe centrale et orientale du conseil aux entreprises en matière d’implantations, au sein de PwC : « Prague est à présent une ville très chère, et Brno sera bientôt saturée de constructeurs. De la même manière, bien qu’il reste de la place à Budapest et Cracovie pour les centres de services partagés, Budapest n’est plus aussi rentable que d'autres villes de la région, et Cracovie atteindra sa pleine capacité dans les dix-huit mois à venir. »

Le troisième volet de la série de rapports de PwC présentera les questions liées à la fermeture d’un site existant en vue d'une délocalisation.

Les deux premiers articles « Eastern Influx : Automotive Manufacturing in Central and Eastern Europe » sont disponibles sur www.pwc.fr/auto

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